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Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis

Il est difficile pour les gens de changer d'avis. Cela les met dans l'angoisse. Ils raisonnent ainsi: "Si je pensais et me comportais d'une certaine façon dans le passé, et que j'ai changé d'avis, je reconnais par là même que dans le passé, j'étais dans l'erreur, et je perds tout crédit quand je tente de défendre aujourd'hui mes nouvelles positions".


Quand parfois, le poids des réalités exige que l'on change de position et peut-être à 180%, on s'explique en disant qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis! Si l'on analyse une peu cette phrase : si tu me dis que j'étais un imbécile, ou alors ou maintenant, je te réponds que tu es un imbécile parce que tu ne changes jamais d'avis.


Pour se prémunir contre l'angoisse, que nous avons mentionnée plus haut, il y a plusieurs méthodes, comme il y a différents types de caractères :


- Le faible de caractère, qui est prêt à tomber d'accord avec n'importe qui et n'importe quoi pourvu qu'on lui fiche la paix.

- Le têtu qui règle le problème de l'angoisse en ne changeant jamais d'avis. Et tant pis si pour défendre ses opinions, il devra utiliser des arguments de plus en plus hallucinants et déconnectés de la réalité, qui n'arrivent à convaincre que lui-même.


A mon avis, la voie médiane est la meilleure. Comme je le disais dans le billet : "Être toi-même" : "Reste toi-même, tout en restant à l'écoute des autres". Le prix à payer est celui de vivre en permanence dans l'angoisse, de rester sous le feu des critiques des imbéciles, qui te diront : "Mais tu ne pensais pas comme ça hier !".


Tout ce qui vient d'être dit est vrai pour toute une palette de sujets, à partir de quelle est la meilleure équipe de foot : Maccabi ou Hapoel, ce qui déterminera de laquelle tu seras supporter, quel parti dit la vérité (et tu rejettes avec horreur toute pensée parasite, telle que "Peut-être qu'il y a du vrai aussi bien dans ce que la droite que ce la gauche disent?", et ce jusqu'à ta décision de rompre les ponts avec quelqu'un, ou bien tout un groupe: "Untel est comme ça et puis c'est tout!


Pour finir, deux anecdotes illustrant ce que je viens de dire :


La première anecdote illustre le fait que le caractère (la façon dont quelqu'un réagira à ses changements de position) est plus déterminant que les arguments qu'on lui présente pour essayer de le convaincre. Si vous vous mettez bien cela en tête, vous constaterez qu'il vous sera bien plus aisé de convaincre un têtu de changer d'avis sur un sujet donné. Dans ce cas précis, vous comprendrez qu'il ne s'agit pas de lui montrer pourquoi ses opinions sont erronées, mais de penser comment lui faire changer d'avis sans nuire à son prestige.


Ma cousine Patricia s'est mariée il y a 35 ans avec un avocat brillant, agressif et communiste de surcroît. (Il m'avait presque dévoré tout cru à propos du problème palestinien lorsqu'il avait appris que je venais d'Israël). C'est pour cela qu'il a commencé sa carrière en défendant des ouvriers, qui avaient été licenciés par exemple, et il a remporté quelques succès à ses débuts. Comme, en plus de tout cela, il avait oublié d'être bête, il s'est vite aperçu qu'il aurait pu gagner bien davantage, s'il s'était mis à défendre les patrons… C'est à quoi il s'occupe aujourd'hui avec beaucoup de succès. Bien entendu, il n'est plus du tout communiste, mais il est toujours aussi agressif. (Les opinions ont changé, mais le caractère est resté).


La deuxième anecdote se rapporte au problème de l'angoisse permanente, quand on choisit la voie médiane. France, mon ex-femme, deux jours avant de me quitter s'était mise à insulter ma mère devant moi, comme elle le faisait souvent. En réaction, je lui fis remarquer calmement que ma mère était une sorte d'enfant prodige à ses débuts, qu'elle avait été reçue au Conservatoire National de Paris à l'âge de 15 ans, qu'elle en était sortie avec un premier prix de solfège et un deuxième prix de piano, et qu'elle aurait pu devenir une grande virtuose si elle ne s'était pas mise dans la tête que cela aurait été incompatible avec une vie de mère de famille. J'avais rajouté qu'elle avait été l'élève la plus douée de Vlado Perlememuter. "Peut-être que le nom de Perlemuter ne te dira rien, mais sache que Perlemuter lui-même avait été l'élève le plus doué de Maurice Ravel !". Elle me répondit : "Être équilibrée, c'est parfois aussi savoir être con !". (Elle me disait tout le temps que je n'étais pas quelqu'un de tout à fait équilibré et en cela, elle n'avait pas tout à fait tort). Plus tard, j'ai eu l'occasion de parler de cela avec mon cousin Fred, psychiatre. Je lui ai dit : "Tout ce qu'elle avait dit sur ma mère était effectivement stupide, mais dans sa dernière phrase, elle n'avait pas tort : "Être équilibrée, c'est parfois aussi savoir être con !". Il a hoché la tête. Je lui ai alors demandé : "Comment tu dis ça avec des mots polis ?". Il m'a répondu : "Il faut savoir s'accepter !" Depuis, j'essaye de le faire. J'ai remarqué que les autres m'acceptaient quand je m'acceptais.


En résumé:


Une opinion est comme toute autre habitude : c'est un mode de comportement, dont il est difficile de se démarquer car cela est source d'angoisse. Mais nous pouvons lutter contre l'angoisse. Voir les billets : "Comment lutter contre l'angoisse", et "Comment vivre les changements dans nos habitudes qui nous sont imposés ?".

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